Crise sanitaire : est-elle synonyme de crise suicidaire au niveau mondial?

Avec la crise sanitaire qui secoue le monde depuis désormais près d’un an, ont découlé un nombre important de conséquences parfois profondément néfastes pour les individus. Selon les pays et leur gestion de la crise, ont eu lieu diverses augmentations de chômage, violences intra-familiales et situations d’isolement, qui représentent des facteurs principaux dans les causes de suicide de ces dernières années. L’épidémie de COVID-19 va-t-elle nécessairement occasionner une augmentation des taux de suicides ?

Le lien évident entre isolement et suicide

Il est de notoriété publique que l’isolement est la principale cause de suicide, tous âges compris. De ce fait, si l’on tape « SOS isolement » dans la barre de recherche Google, apparaît immédiatement une liste interminable d’associations d’écoute bienveillante et anonyme pour la dépression et le suicide, pas toujours gratuites, dont SOS amitié en première page. Avec le confinement, beaucoup de personnes se sont trouvées seules, pendant de longues semaines ; la question apparaît donc comme légitime.

Ainsi, il ne paraît pas surprenant que le Japon connaisse une hausse du taux de suicide depuis le début du confinement, alors qu’il était en baisse depuis près d’un an. https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/10/16/au-japon-le-coronavirus-a-l-origine-d-une-nouvelle-epidemie-de-suicides_6056298_4500055.html Dans leur article, Le Monde mettent en avant une hausse de 16% du taux de suicide chez les Japonais, d’autant moins négligeable que l’on comptait, parmi les victimes, des personnalités publiques.

L’Europe compte elle aussi des pertes de personnalités importantes, comme celle d’un ministre des Finances Allemand, Thomas Schaefer. La France, pour le moment épargnée, montre néanmoins une augmentation croissante des consultations psychologiques et psychiatriques, et une surstimulation des lignes d’écoute pour le suicide ; suivra-t-elle l’exemple du Japon, ou arrivera-t-elle à gérer la crise ?

Un appui crucial : la cohésion sociale

Sur les réseaux sociaux, nous avons vu pleuvoir de petites vidéos où l’on voyait des voisins d’un même immeuble jouer de la musique ensemble, applaudir les soignants et organiser des « apéros à distance ». Grâce aux télécommunications diverses et variées (Skype, WhatsApp, Teams, Zoom…), les moyens de communication ont été largement exploités, permettant à beaucoup d’individus de ne pas se sentir seuls, et d’éviter la détresse liée à l’envie de mourir.

Ce phénomène rejoint une explication sociologique donnée par Émile Durkheim ; les évènements graves vécus en société favorisent une cohésion sociale forte, donnant l’impression aux individus d’être soutenus par l’ensemble de la communauté. Il avait par exemple été observé qu’après le 11 septembre 2001, le taux de suicide avait diminué, comme l’expliquent Slate dans leur article : http://www.slate.fr/story/190263/epidemie-covid-19-risque-suicide.

De ce fait, il paraît presque logique que Le Journal de Québec écrive n’avoir noté aucune augmentation des taux dans leur région : https://www.journaldequebec.com/2020/10/09/pas-de-hausse-du-suicide-malgré-la-pandémie. Sophie Durocher ajoute pourtant « qu’il y a une augmentation de symptômes de troubles de santé mentale, notamment dépression et anxiété », et que la raison pour laquelle le taux n’augmente pas est qu’ « on est davantage préoccupé du bien-être de nos proches, de nos parents. On s’informe (des autres), on met en place un réseau de soutien, tout ça agit favorablement pour supporter les plus vulnérables » ; c’est ce qu’elle appelle des facteurs de protection.

La pandémie est donc responsable d’une réelle vague de dépression, de mal-être, de solitude et d’isolement ; cependant, cette vague est contrée par une forte cohésion de groupe et un soutien fort des numéros d’aide pour le suicide et des associations d’écoute.

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