Le lien très tabou entre handicap et suicide en France

En France, plus de 20% des réclamations faites pour discrimination viennent de la part de personnes souffrant d’un handicap.   Source sos amitiés et sos suicide phenix Ces individus constituent une minorité rejetée, incomprise et dévalorisée de notre société, particulièrement atteinte par les agressions, les viols, et parfois même supprimée. Les associations affirment la prévalence du suicide dans les établissements pour personnes handicapées, bien que les statistiques ne se soient pas encore penchées sur le sujet.

Pourquoi un tel tabou à ce sujet ? Comment mieux prendre en charge ces individus ? 

Un tabou toujours très présent

http://cms2.psymas.fr/?q=node/30

Lucas Bemben, psychologue clinicien, explique que le tabou prend bien sûr racine sur le manque de parole induit par le handicap profond. Il peut être extrêmement complexe pour un individu lourdement handicapé d’exprimer sa souffrance, tant verbalement que physiquement. C’est sans compter le personnel mobilisé auprès d’eux, parfois fatigués par leur travail, qui ne portent pas forcément toute l’attention nécessaire à la santé mentale des sujets. Le psychologue indique aussi qu’il est, dans l’imaginaire collectif, très difficile de lier suicide et handicap, car le suicide relève pour beaucoup d’un processus complexe de pensées et de discernement. De ce fait, beaucoup considèrent que les individus atteints de lourds handicaps mentaux n’ont pas les moyens intellectuels de penser au suicide. C’est pourtant bien le cas, puisque tous les handicaps ne sont pas lourds ; et le Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire affirme que les personnes malentendantes sont beaucoup plus sujettes aux crises suicidaires Source sos amitiés et sos suicide phenix. 

Des causes lourdes

Ce qui est peut-être identifié comme l’aspect le plus pesant de la vie avec un handicap, c’est la difficulté de s’identifier aux autres. L’identification et la comparaison aux autres sont des processus que nous utilisons inconsciemment en quasi-permanence, et le fait de ne pas se trouver « comme les autres » est parfois source d’une détresse immense (notamment chez les adolescents, mais pas seulement !). Ce sont les bases de notre vie sociale, les fondements de notre extraversion. Chez un sujet lourdement handicapé, il peut être complexe voire impossible de s’identifier à autrui.

Chez beaucoup d’individus porteurs de handicap, on retrouve aussi le sentiment très pénible d’être un poids, à sa famille, au personnel médical ou même à la société Source sos amitiés et sos suicide phenix. Grâce aux nouvelles technologies, de plus en plus d’activités peuvent maintenant être réalisées sans l’aide d’un proche, mais de loin pas toutes ; et la sensation d’être encombrant peut parfois pousser jusqu’à la tentative de suicide. Comme le dit si bien Lucas Bemben, « l’émotion, en tant qu’éprouvé, n’a pas besoin de QI pour exister ».

https://www.cairn.info/revue-jusqu-a-la-mort-accompagner-la-vie-2013-4-page-13.htm

Une meilleure prise en charge

Bien que le personnel soignant soit souvent débordé et mal payé, il paraît important de rappeler que dans le cas de sujets qui ne savent pas s’exprimer de manière traditionnelle, le mieux serait de redoubler d’efforts d’écoute et d’attention. Les individus porteurs de handicaps sont souvent bien entourés ; si le personnel était peut-être moins surchargé, peut-être pourrait-il atteindre cet objectif et apporter à chacun l’écoute dont il a besoin…

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