Le rôle des réseaux sociaux dans le mal-être adolescent

Les réseaux sociaux sont considérés comme étant à la fois la bénédiction et le fléau de notre génération. S’ils nous permettent de rester en contact avec des personnes qui sont loin de nous, de se divertir, et même de s’instruire, ils ont aussi des limites encore parfois floues pour nos jeunes enfants. Quel rôle jouent les réseaux sociaux dans la dépression et le suicide des adolescents en France ?

Un endroit de concurrence

Sur les réseaux sociaux et très particulièrement pour les adolescents, le nombre de likes est extrêmement important. Les adolescents ne se sentent valorisés que lorsqu’ils en ont un certain nombre, et sont toujours envieux de ceux qui en ont plus. C’est sans compter l’immense envie et détestation de soi que les jeunes peuvent ressentir face aux influenceurs mis en avant par certaines plateformes, apologie de la peau parfaite, de la maigreur, des muscles et de la beauté…

Un accès quasi illimité aux données personnelles

                Les profils créés sur les différents réseaux sociaux par un sujet ne servent qu’à une chose : informer les autres utilisateurs de son identité. De ce fait, il est important et même bien vu d’y inclure une certaine quantité de données personnelles, telles que le nom, l’âge, les goûts et hobbies principaux, parfois la ville de résidence, des photos de soi et des données plus intimes encore. S’il s’agit d’un réel avantage pour les utilisateurs bienveillants, qui peuvent apprendre à mieux connaître l’autre, il s’agit aussi d’un potentiel grand danger. De nombreuses expériences ont su montrer à quel point il était facile de tout savoir d’une personne grâce aux réseaux sociaux ; il devient en effet facile de savoir où un utilisateur habite (d’autant plus depuis que les applications exigent la localisation de tous), et de tout savoir de sa vie privée.

https://www.web-eau.net/blog/le-danger-des-reseaux-sociaux

https://www.cnil.fr/fr/cnil-direct/question/reseaux-sociaux-comment-limiter-les-risques-pour-ma-vie-privee

Un endroit où l’on s’exprime plus crûment

                Derrière un écran, le sujet se sent invincible. Réfugié derrière un pseudonyme et une photo de profil tirée d’un dessin, il a l’impression qu’on ne le reconnaît pas, et s’autorise dès lors à partager des opinions en tous genres, parfois beaucoup plus crues que ce qu’il n’oserait dire au grand jour. De ce fait, les « haters » sont bien connus des influenceurs : ils se permettent souvent des critiques extrêmement agressives à l’encontre de n’importe qui, et n’ont parfois aucune censure. Les adolescents, très marqués par le regard de l’autre dans cette période de leur vie (https://www.allo-suicide.fr/harcelement-scolaire-et-suicide-pourquoi-est-ce-un-facteur-aggravant-de-la-depression-et-du-suicide-chez-les-jeunes/), sont particulièrement sensibles à cette violence verbale, et peuvent ressentir un rejet parfois très extrême.

Le cyberharcèlement, la plaie des réseaux

                C’est notamment à cause de la barrière virtuelle que constitue l’écran que peuvent se produire des phénomènes comme le cyberharcèlement. En plus de se sentir déguisé et intouchable, l’adolescent derrière son écran accumule parfois beaucoup de ressentiment vis-à-vis du monde qui l’entoure, et trouve dans la critique de l’autre un défouloir sadique. De plus, puisque l’adolescent s’identifie par l’autre, il se sentira énormément conforté et valorisé dans sa position d’harceleur s’il n’est pas seul. C’est à cause de cet instinct grégaire, pourtant on ne peut plus normal, que peuvent se mettre en place de très larges mouvements de haine sur les réseaux sociaux (critique de tout ce que la personne poste, harcèlement par des messages agressifs et injurieux, etc). Certaines victimes ont confié à diverses associations d’écoute avoir été coupées et isolées de leur établissement scolaire tout entier.

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32239#:~:text=Le%20harc%C3%A8lement%20via%20internet%20(mails,au%20responsable%20du%20support%20%C3%A9lectronique

Le chantage

                Un des points les plus controversés des réseaux sociaux est que tout s’y garde. Il suffit de poster une photo compromettante par mégarde, ne serait-ce que quelques minutes, et plusieurs personnes l’ont déjà reprise, et partagée aux autres. Peu de choses passent inaperçues ; et c’est outil très puissant dans le cyberharcèlement.

                Cependant, le chantage peut aussi être utilisé de façon plus spécifique. L’adolescent s’intéressant à la sexualité, il lui arrive d’envoyer des photos dénudées ; mais, malheureusement, le récepteur n’est pas toujours bienveillant et il existe une forme de chantage consistant à réclamer à l’envoyeur diverses choses (argent, faveurs sexuelles, gages, etc), sous la menace de rendre publiques les photos intimes échangées. C’est un phénomène extrêmement fréquent, et qui a poussé un certain nombre d’adolescents au suicide.

Les solutions

                La CNIL (Commission Nationale de l’Informatique des Libertés) a publié à ce jour une longue liste de moyens simples pour protéger des données personnelles, qui représentent une base absolue pour tout utilisateur des réseaux sociaux. Quant aux injures, au chantage et au harcèlement, ils sont tous punis par la loi et peuvent être dénoncés via un dépôt de plainte.

                Pour ce qui est des solutions psychologiques, il existe bien entendu le suivi thérapeutique traditionnelle ; mais vous pouvez également avoir recours à l’écoute téléphonique bienveillante et anonyme telle que celle proposée par l’association SOS Amitié.

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